La décision du CISSS de Lanaudière lourde de conséquences pour 413 usagers vulnérables
Mascouche et Repentigny, le 18 février 2026 – À la suite de la perte de l’appel d’offres en
soutien à domicile annoncée récemment et des préoccupations que nous avons publiquement
exprimées quant aux impacts humains de cette décision, le CISSS de Lanaudière a maintenant
confirmé l’échéancier de transition : les services offerts depuis des années à 413 usagers
vulnérables devront cesser dans un délai de huit semaines.
Dans notre précédent communiqué, nous dénoncions déjà les conséquences humaines et
cliniques d’un transfert forcé de clientèle particulièrement vulnérable vers de nouveaux
fournisseurs privés. Depuis, nous avons multiplié les démarches auprès des instances
concernées afin de leur faire entendre raison, d’exposer les risques documentés et de proposer
des solutions permettant d’atténuer les impacts. Malgré ces représentations formelles, aucune
ouverture réelle n’a été manifestée. L’échéancier de huit semaines a été maintenu, sans
qu’aucune mesure d’atténuation ni alternative transitoire ne soit proposée afin de réduire les
risques pour les personnes vulnérables concernées.
Il est donc essentiel d’être clair: ce délai de huit semaines ne découle pas d’une clause
contractuelle ni d’une obligation légale, mais bien d’une décision administrative. Un choix qui
impose un échéancier irréaliste et brutal à des personnes âgées en grande perte d’autonomie,
qui brise des liens humains essentiels à leur sécurité et qui ignore les risques pourtant
documentés de détresse psychologique, de désorganisation et d’hospitalisations évitables.
Alors que le ministère de la Santé et des Services sociaux et Santé Québec multiplient les
déclarations publiques sur l’humanisation des soins et la Politique nationale de soutien à domicile,
la réalité sur le terrain démontre tout le contraire. Où est le leadership du ministère de la Santé et
des Services sociaux? À quoi servent les orientations gouvernementales si, au moment critique,
personne n’est en mesure d’exercer un véritable pouvoir pour protéger les personnes
vulnérables? « Nous constatons aujourd’hui un décalage inquiétant entre les discours et les
décisions. Les usagers deviennent des dossiers à transférer et les travailleuses deviennent des
chiffres à déplacer », déplore Véronique Dinelle, directrice générale de la Coopérative en soutien
à domicile de la MRC L’Assomption. Cette décision, que nous jugeons inhumaine révèle une
incapacité à gérer adéquatement le réseau public sans sacrifier la stabilité des personnes qu’il est
censé protéger. Nous refusons que 413 personnes vulnérables paient le prix d’une gestion
administrative déconnectée du terrain.
En conclusion
Nous demandons formellement au CISSS de Lanaudière, au ministère de la Santé et des Services
sociaux, ainsi qu’à Santé Québec de suspendre cet échéancier déraisonnable et d’assumer
pleinement leurs responsabilités. « Il est encore temps de démontrer que la gouvernance en santé
ne se limite pas à des annonces, mais qu’elle se traduit par des décisions courageuses et
humaines » mentionne Mathieu Brière, directeur général de la Coopérative d’aide à domicile
Dimavie. Gouverner, c’est décider, mais c’est aussi protéger.
Au-delà des contrats et des appels d’offres, il est question de sécurité, de dignité et de
responsabilité populationnelle. Le maintien à domicile ne peut être réduit à un simple transfert
administratif. Nous sommes prêts à collaborer à des solutions respectueuses du cadre légal, mais
fermement ancrées dans une responsabilité humaine réelle. Le gouvernement doit maintenant
choisir entre protéger ses orientations ou laisser l’administration en contredire les principes.
À propos de la Coopérative d’aide à domicile Dimavie :
La Coopérative d’aide à domicile Dimavie une entreprise d’économie sociale, issue d’une initiative
citoyenne, dont la mission est d’offrir des services professionnels en maintien à domicile, tout en
contribuant à la qualité de vie de ses membres.
Chaque année, ce sont près de 285 000 heures de services dont plus précisément 80 000 visant
des services d’assistance personnelle et de répit qui sont offerts. Nos services permettent aux
personnes les plus vulnérables de notre communauté de faire le choix de demeurer chez elles,
en sécurité et dans la dignité, le plus longtemps possible.
À propos de la Coopérative en soutien à domicile de la MRC de L’Assomption :
Fondée en 1999 par la communauté de la région, la Coopérative en soutien à domicile de la MRC
de L’Assomption est une entreprise d’économie sociale qui offre des services essentiels de
soutien et d’assistance à domicile.
Chaque année, ce sont plus de 115 000 heures de services qui sont rendus afin de permettre aux
personnes les plus vulnérables de demeurer chez elles, en sécurité et dans la dignité. La
Coopérative peut compter sur une équipe engagée de près de 130 employées et employés,
profondément ancrés dans leur milieu et reconnus pour la qualité humaine de leur
accompagnement.