Dit comme ça, ça ne semble pas être parti pour faire réfléchir, mais c’est là que Charles Pellerin se distingue : a contrario de ce que cette citation peut évoquer, son humour n’est pas frontal, mais plutôt doux, lent, prenant le temps de s’installer à travers une structure narrative étoffée. Le show part d’un voyage à New York lors duquel Charles est convaincu que sa blonde va le sacrer là alors qu’elle s’apprête à le demander en mariage – et le reste découle de l’exploration de la raison pour laquelle il en est venu à penser ça, sondant sa relation avec la perception qu’on se fait de la masculinité. Entre autres, il raconte la fois où, sans le vouloir, sa gougoune s’est retrouvée sur les cuisses d’une madame dans l’autobus; sa rencontre avec sa blonde dans une pendaison de crémaillère au milieu de 30 danseurs brésiliens; et, finalement, comment la naissance de sa fille l’a réconcilié avec qui il est, c’est-à-dire un homme gentil.
Gentilhomme, c’est un récit autobiographique, via lequel le commentaire social passe d’abord par l’autocritique, voire l’autodérision : c’en est un de subtilités et de détails, qui vous fera passer par une gamme d’émotions bien ancrées. Le spectacle est écrit par Charles Pellerin, avec l’apport de Yan Bilodeau aux textes et Guillaume Girard à la mise en scène.
L’affiche du spectacle est le fruit d’une collaboration artistique mariant une photo par Camille Gladu-Drouin, des illustrations par le peintre Aujeault et le graphisme de Morgan Légaré.