Joliette, 29 septembre 2026 — Pour une sixième année, le Centre d’amitié autochtone de Lanaudière (CAAL) a tenu une vigile en mémoire de Joyce Echaquan, femme atikamekw de Manawan et mère de sept enfants, décédée le 28 septembre 2020 à l’hôpital de Joliette.
Six ans après son décès, des membres de sa famille, des personnes autochtones, des citoyen·nes et des partenaires se sont réunis à Joliette pour lui rendre hommage, se souvenir ensemble et réaffirmer l’importance de poursuivre le travail afin que les personnes autochtones puissent recevoir des soins et des services dans un climat d’écoute, de respect, de confiance et de sécurité culturelle.
Se souvenir, mais aussi nommer
Pour le CAAL, honorer la mémoire de Joyce, c’est aussi refuser d’oublier ce que son histoire a mis en lumière. À la suite de l’enquête publique sur son décès, la coroner Géhane Kamel a conclu que les préjugés et le racisme auxquels Joyce Echaquan a été confrontée avaient contribué à son décès et a notamment recommandé au gouvernement du Québec de reconnaître l’existence du racisme systémique.
Six ans plus tard, cette reconnaissance demeure essentielle. Reconnaître le racisme systémique ne signifie pas accuser individuellement les personnes qui travaillent au sein de nos institutions. Il s’agit de reconnaître que des règles, des pratiques, des façons de faire et des rapports institutionnels peuvent créer ou maintenir des inégalités et produire des effets discriminatoires. Nommer cette réalité permet de mieux la comprendre, d’en mesurer les effets et, surtout, de travailler collectivement à la transformer.
« Six ans plus tard, nous continuons de nous rassembler pour Joyce. Honorer sa mémoire, c’est nous souvenir, mais c’est aussi continuer à regarder avec lucidité les réalités que son histoire a mises en lumière. Reconnaître le racisme systémique, ce n’est pas pointer du doigt des individus : c’est d’accepter de regarder collectivement nos systèmes afin de pouvoir les transformer. Chaque dialogue, chaque prise de conscience et chaque action compte. » — Jennifer Brazeau, directrice générale du Centre d’amitié autochtone de Lanaudière
De la mémoire à l’action
Dans Lanaudière, le CAAL accompagne quotidiennement des personnes et des familles autochtones et travaille depuis plus de 25 ans avec ses partenaires afin d’améliorer leurs conditions de vie, de favoriser le rapprochement entre Autochtones et Allochtones et de contribuer à créer des environnements plus sécurisants culturellement. Des avancées ont été réalisées et des collaborations importantes se sont développées au fil des dernières années. Le travail doit toutefois se poursuivre. Pour le CAAL, passer de la reconnaissance à l’action signifie notamment écouter la parole et l’expertise des personnes autochtones, soutenir leur participation aux décisions qui les
concernent, développer des pratiques culturellement sécurisantes et revoir les mécanismes qui peuvent encore créer des barrières dans l’accès aux soins et aux services.
La mémoire de Joyce demeure également indissociable du Principe de Joyce, porté par le Conseil des Atikamekw de Manawan et le Conseil de la Nation Atikamekw. Celui-ci affirme notamment le droit des personnes autochtones à un accès équitable et sans discrimination aux services sociaux et de santé ainsi que le respect de leurs réalités, de leurs cultures, de leurs savoirs et de leur dignité.
Continuer à se parler
Pour le CAAL, la réconciliation ne peut reposer uniquement sur les peuples autochtones. Elle demande un engagement collectif, une capacité d’écoute et une volonté de regarder avec lucidité les réalités présentes autant que l’histoire qui les a façonnées. Six ans plus tard, la mémoire de Joyce continue de nous rassembler. Elle nous rappelle aussi que se souvenir doit nous amener à poursuivre le dialogue et à transformer concrètement les pratiques qui créent encore des inégalités. Parce que reconnaître n’est pas une finalité. C’est une étape nécessaire pour comprendre, agir et avancer ensemble.
À propos du Centre d’amitié autochtone de Lanaudière
Le Centre d’amitié autochtone de Lanaudière est un milieu de vie et un carrefour de services dont la mission est d’améliorer les conditions de vie, de développer le leadership et de faire briller les cultures des Autochtones vivant ou de passage dans la région de Lanaudière. Le CAAL favorise un rapprochement entre les personnes autochtones et la population allochtone, dans le respect des cultures et des valeurs de chacun.
